Archives mensuelles : décembre 2015

pause surréaliste 4

une tortue cubique d’une inextinguible grâce et d’une élasticité d’esprit désarmante vient de croiser un drôle de zèbre juché sur les épaules de son meilleur ami et pendant que copains comme cochons les deux loustics s’évertuent à pédaler dans la choucroute le vélocipède à six sous-papes excommuniés pour avoir perdu les clefs asiatiques poursuit son chemin par monts et par vaux durant au moins trois millions de secondes mais subitement un des six pneus du double tricycle laisse éclater sa colère noire qui vire ensuite au rouge vermillon ou vers Millau car la tortue conique bien installée dans son aviron natal fait la sourde oreille et plutôt que de prêter patte forte aux deux loustics gagnés par les tocs préfère ramer dans la rivière où tant d’eau a coulé sous les ponts pontificaux ou sous le pont d’Avignon sur lequel au crépuscule dansent les idoles païennes puis toute la nuit quand le quart de lune est bleue comme une banane mais tout a une fin et ainsi le rêve est parti et les festifs alliés naturels de la liberté n’en sont pas revenus ni la tortue devenue laconique et coite une fois arrivée à bon port quelque part entre la Canebière de Noël et la Cannes à sucre en poudre aux yeux qu’on jette afin d’éblouir un drôle de zèbre

Bernard B

pause surréaliste 3

comme chaque matin le petit homme lit le journal à l’envers du décor de la salle à manger et à boire les bonnes paroles de la veille du jour d’après au point de ne plus connaître la quatrième dimension du train-train quotidien qui sifflera trois fois avant que l’eau ne bouille à brûle-pourpoint virgule mais les carottes ne sont pas cuites et ce n’est pas la fin des haricots car le petit homo erectus d’une certaine hauteur d’âme s’efforce de cultiver son jardin d’Eden puis après le fruit d’une longue réflexion veille à ne pas tomber dans les pommes ou sous le charme ou sous le coup de la loi du milieu du cercle dont la circonférence au sommet de la terre infernale dissuade le petit homme de prendre l’ascenseur climatique ou encyclopédique tant les lumières se sont éteintes l’une après l’autre et par conséquent le petit homo habilis prend son courage à deux mains voire trois puis gravit l’escalier en colimaçon ou à spirale inflationniste jusqu’à ce qu’il atteigne l’essieu du petit véhicule ou du grand exactement juste avant le dernier étage qui est celui de la sous-direction des faits divers et du printemps de Prague que le petit homme lira paisiblement dans le journal des lendemains qui chantent à l’aurore

pause surréaliste 2

cette girafe a un petit vélo dans la tête d’épingle à nourrice le jour et la nuit alors même qu’elle s’efforce d’enfoncer le clou dans le genou du hibou qui donne sa langue au chat perché sur la gouttière qui recueille les eaux du Nil à marée montante dont le coefficient d’aimantation permet aux huîtres d’attirer la perle rare ou plusieurs et d’offrir ainsi un collier à la girafe dont le long cou ne lui interdit pas d’atteindre le septième ciel ou même le huitième au risque d’attraper un torticolis expédié par voie aérienne des quatre coins de la lune mais surtout du troisième en bas à gauche car là est le point d’acupuncture le point d’exclamation et le point de suspension hydraulique dont la sous-pape de sécurité du Vatican est d’une disposition si conciliante à l’égard des vierges qui apparaissent comme par miracle à dos de girafe ou à bicyclette et qui perdent les pédales et qui s’emmêlent les pinceaux ou qui prennent les jambes à leur cou au risque d’attraper un torticolis dans le sens inverse des aiguilles d’une montre à contretemps ou à temps par ciel si nuageux le jour et la nuit