Archives mensuelles : février 2016

pause surréaliste 10

sous une lune d’un bleu outremer deux permaculteurs trentenaires à vif se sentent si outrés et si amers de savoir leurs tomates assignées à résidence porte Maillot qui moule si bien le corps diplomatique réuni dans la bibliothèque de Babel afin de rapatrier la Cœur de bœuf la Noire de Crimée et la Cornue des Andes qui viennent de s’évader d’un panier à salade et d’échapper à une brochette de poulets en batterie survoltés dans un brouhaha hallucinant qui contraint le permanent sculpteur de légumes à sortir d’un songe d’une nuit d’été caniculaire et à prendre le funiculaire pour se hisser sur le toit du beau monde des beaux quartiers de kiwi précieusement disposés sur une pièce montée à l’envers dans un atelier du seizième arrondissement de la ville de Dubaï devenue une minuscule île flottante dans les eaux thermales du Nil dont profitent chaque année les naïades abonnées à la formule magique qui transforme l’eau en poudre d’escampette que n’hésite pas à prendre le chasseur-cueilleur de tomates prêtes à l’emploi juteux après de longues études passées au jardin botanique de la porte Maillot jaune remporté haut la main droite puis la gauche par un bipède d’outre-manche propulsé sur son vélocipède aux roues de langue de bois d’aubaine qui rayonnent bien au-delà des tubes canoniques à l’obsolescence programmée sur toutes les chaînes de la médiathérapie de groupe cotée en bourse des paris sous contrôle du livre des comptes perdus par des gnomes provenant d’Elfes d’Aquitaine aux stations d’huiles essentielles de tomate poivrée dont se servent les naïades pour masser le corps diplomatique

Bernard B

pause surréaliste 9

comme chaque soir veille la vieille dame longiligne à ligne brisée par le rêve d’une valse de Vienne à mille temps passés à danser avec les loups de mer rouge de mer noire et de mer morte de peur de se jeter à l’eau de vie quotidienne dans une baignoire sans fond où tout corps plongé reçoit une ancestrale poussée de bas en haut de l’arbre généalogique qui fleurit chaque hiver dans l’île de la rituelle réunion qui commence au crépuscule et s’achève en minuscules que des gens de lettres mélangent avec de belles fraises cueillies au bois dormant très peu la nuit si bien que la femme si grande d’âme en peine d’épancher ses larmes de crocodile en profite pour arroser son jardin secret mais aussi celui du voisin qui peste contre la toute croissance de l’herbe folle semée par le propriétaire des lieux-dits à voix haute que n’entend point la muse d’un âge très allongé sur le cerf- volant qui traverse le siècle des lumières à basse consommation dont les prix ne cessent de chuter sur les lourds pavés sous lesquels la plage déroule son tapis pourpre d’émotion de sueur et de sang qui s’écoule paisiblement dans les veines d’un marchand de sables mouvants dans lesquels s’enfonce la vieille dame longiligne à ligne de fond d’un puits de rêveries de la promeneuse solitaire