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pause surréaliste 8 (saison 2)

dans les coulisses de l’atelier des possibles le poisson-lune argenté joue du chalumeau à hydrogène atomique car il rêve de déclarer sa flamme à la tortue géante des îles de la Loire mais la tortue ligérienne qui n’est pas la belle au bois dormant préfère jouer au loup solitaire ou pourquoi pas avec la girafe solidaire qui a traversé tant de pays franchi tant d’obstacles et qui est enfin arrivée à bon port à Ratiatum ville-étape dans laquelle juste au fond d’une petite cour pavée de bonnes intentions de la rue Alsace-Lorraine toutes les énergies créatrices battent le fer pendant qu’il est chaud à mille degrés plus ou moins car c’est la température idéale pour transformer un caddie en fauteuil à roulettes idéale pour découper des morceaux choisis de bois d’aubaine idéale pour percer des silences en or massif poncer des imperfections de quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur humaine souder des débris de métal hurlant un jour de pleine lune sous laquelle grâce à l’alchimie divine on peut voir naître des êtres hybrides de chair et d’os des êtres soudés les uns aux autres solidaires et fiers exhibant leur masque de dragon leurs lunettes astronomiques leurs gants usés par la rouille et recouverts de poussière d’étoiles de mer rouge qui se dépose à l’infini dans le cyclo-simulateur où l’on tourne en boucle des images vidéo de la vie ardente d’un poisson-lune argenté

pause surréaliste – saison 2 (VII)

je me suis assoupi au pied de l’arbre des droits humains un arbre à feuilles radicales et larges d’esprit à feuilles lancéolées guidant le peuple qui s’est donné rendez-vous au rond-point d’exclamation au rond-point d’interrogation au rond-point sur les i qui n’en finissent pas de tourner en rond en sens inverse des aiguilles d’une montre de plongée libre sans bouteille ni masque mais avec gilet de sauvetage en marée humaine avec gilet d’un rouge magenta avec gilet d’un jaune citron pressé d’en finir avec l’ancien monde d’un jaune Poussin peignant le Massacre des Innocents qui ne rêvent pourtant que d’un bal masqué de Venise d’un bal de sirènes d’usine où dansent chimères et mélusines d’un bal populaire place Royale devenue place du Peuple où le roi est nu où le roi Ubu à satiété toutes les paroles de ses sujets sans verbe ni compliment sans adjectif ni article de loi Divine comédie jouée aux portes de l’enfer chaque année au printemps des poètes au printemps des révolutions coperniciennes si pernicieuses aux yeux des oligarques vaccinés contre le grand soir dont rêvent les gilets jaune citron pressés de faire table rase du passé composé seulement pour quelques-uns